Les organismes des minorités raciales francophones

Mohamed Egeh
Fondateur de la Fondation Acacia
Membre fondateur du Réseau de la diaspora de Djibouti

La vitalité d'une communauté se mesure-t-elle à l'aune du nombre d'organismes créés, existants ? Si oui, on peut que les minorités raciales francophones en Ontario font preuve d'une  grande vitalité communautaire.

Dans plusieurs secteurs d'activités, on voit apparaître des organismes locaux, provinciaux  et nationaux dirigés par des minorités raciales francophones. Une certaine dynamique régit les relations entre ces organismes. Elle peut être collaborative, compétitive ou tout simplement concurrentielle. Cette dynamique contribue grandement à l'amélioration de la gouvernance au sein de ces organismes. Les assemblées générales et autres fora sont devenus des mécanismes de recrutement. Qui eut crû il y a une décennie qu'un tel foisonnement d'ONGs ne ferait plus sourciller ?

Quelles relations entretiennent ces organismes avec ceux du milieu franco-ontarien traditionnel ? Elles sont bel et bien mouvementées quand il s'agit de positionnement politique. La question de la représentativité se pose tout de suite. Les minorités raciales francophones rejettent de plus en plus ce qu'ils considèrent comme une mise sous tutelle. Ce qui est paradoxal, ce que dans d'autres secteurs d'activités comme le secteur des femmes, cette rivalité n'existe pas et la dynamique relationnelle est toute autre. Si un organisme doit représenter un enjeu particulier, il obtient d'office le « buy in » de l'ensemble d'organismes des femmes, y compris ceux de minorités raciales. Il serait intéressant d'observer ce qui contribue à ce succès.

Toutefois, les questions de la relève risquent de se poser chez les minorités raciales francophones comme dans le milieu franco-ontarien traditionnel. Les enjeux couverts ne correspondent plus à la jeune génération. Si on fait un rapide tour de table, on se rend compte que l'intégration et l'immigration restent les secteurs d'intervention privilégiés. Dans le groupe social que constituent les minorités raciales francophones, on oublie très souvent que la première génération née au Canada vient de sortir de l'université, avec d'autres vécus, d'autres aspirations et d'autres points de repères. Si on veut continuer à les mobiliser en tant que francophones et les intégrer dans les structures existantes, il faut s'ouvrir à d'autres perspectives.




Commentaires

Commentaire 1


Il est bien que les minorités raciales francophones s'organisent pour représenter les intérêts qui sont les leurs.  Elles sont cependant aussi francophones, et elles appartiennent aussi à la communauté franco-ontarienne; elles sont maintenant reconnues en tant que telles par le gouvernement provincial.  En situation minoritaire, la solidarité est essentielle et les organismes qui représentent ces groupes ne devraient pas hésiter à se joindre au mouvement franco-ontarien, en faire partie et y tenir la place qui leur revient.  L'impression d'une « mise sous tutelle » est curieuse, et le mouvement associatif francophone a maintenant une longue expérience de répartition des dossiers et responsabilités.  L'Ontario français doit quand même parler d'une voix forte et unie quand les enjeux qui visent sa reconnaissance et sa vitalité se présentent.

Commentaire 2

Les organismes sont souvent des lieux de leadership, d'acquisition de compétences et de relations qui permettent aux employés et aux membres de progresser individuellement et collectivement. Ils deviennent également des modèles pour les autres et des sources de référence et d'appui au niveau d'emploi et  social.

Commentaire 3

Et quelle vitalité ! Nous sommes fiers du travail accompli depuis des années. Quant au sentiment de tutelle, je pense que cela est dépassé aujourd'hui car nous avons su en tant que Francophones de l'Ontario nous connaître, nous apprécier et réaliser que nous menons le même combat pour la survie de notre communauté. 

Dépassons nos clivages, MREF OU FRANCO-ONTARIEN, et acceptons nos valeurs communes et notre langue, sans pour autant oublier l'histoire des pionniers de la Francophonie en Ontario.

Il est vrai que la relève au niveau des MREF est loin d
'être évidente dans la mesure où le sentiment d'appartenance à la communauté francophone ontarienne n'a jamais été une priorité pour nos leaders. Mais il est temps que nous nous y attelions, et le plus tôt sera le mieux.


 




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